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Homéopathie
Plateau Montréal |

Francine BISSONNETTE |
La méthode homéopathique
L’homéopathie se base sur la prémisse que le corps possède « l’énergie vitale » requise pour générer un processus naturel de guérison. À partir de cette prémisse, Hahnemann soutenait, à l’encontre de la tendance dominante des scientifiques - de son époque et d’aujourd’hui -, qu’il importait moins de connaître la cause spécifique de la maladie que de trouver les moyens de stimuler le processus naturel de guérison inhérent à tout organisme vivant.
Ainsi, l’homéopathe s’efforce d'identifier minutieusement tous les symptômes du patient afin de déclencher ou de soutenir le processus de guérison correspondant. Le praticien cherchera donc à savoir quand et comment les symptômes se manifestent, ce qui les amplifie ou en diminue l’intensité, les heures où ils apparaissent, les actions qui les exacerbent ou les soulagent, etc.
Ainsi, deux patients souffrant de la même maladie au sens de la médecine classique, pourraient se voir prescrire des remèdes homéopathiques différents parce que leur « constitution » diffère ou que leurs symptômes spécifiques ne sont pas les mêmes (ils ont le « même » rhume, mais pas les mêmes écoulements nasaux, par exemple). Les homéopathes disposent aujourd’hui de bases de données informatisées qui les aident à choisir les remèdes en fonction des innombrables combinaisons de symptômes et de constitutions de leurs patients.
Les dilutions
Une préparation homéopathique qui porte la mention 6X désigne un remède dans lequel l’extrait original a été dilué (généralement dans un mélange d’eau et d’alcool) six fois à raison d’une part de l’extrait pour neuf parts de solvant chaque fois. C’est ce qu’on appelle une basse dilution ou une dilution décimale. À chaque étape (six dans le cas présent), le mélange aura été dynamisé en lui imprimant 100 secousses. On trouve également des dilutions centésimales (une part de l’extrait original pour 99 parts de solvant, à chaque dilution) qui sont désignées par la lettre C, et des dilutions « millisimales » portant la lettre M (une part d’extrait pour 999 parts de solvant). Ces deux derniers types de préparation constituent des hautes dilutions.
On voit souvent la lettre H (pour Hahnemann) accolée aux symboles X, C ou M (par exemple, 30CH). Cela identifie les dilutions hahnemanniennes que nous venons de décrire. Certaines dilutions sont préparées suivant un procédé légèrement différent mis au point par un autre homéopathe contemporain d'Hahnemann, le docteur Korsakov. Les dilutions korsakoviennes, qui sont généralement identifiées par un K, seraient plus efficaces que les hahnemanniennes en basses dilutions, mais les deux procédés donneraient des résultats équivalents en haute dilution. |
En homéopathie, on estime que les remèdes préparés en haute dilution sont plus puissants que ceux qui sont préparés en basse dilution. Une fois l’extrait dilué, il est présenté sous forme de comprimés, de granules (petites boules solubles, dont la base est généralement du sucrose, qu’on laisse fondre sous la langue) ou de solutions que l’on prend quelques gouttes à la fois. Pour les usages topiques, on trouve également certaines préparations homéopathiques sous la forme de lotions ou d’onguents.
Que dilue-t-on?
Les produits souches utilisés pour fabriquer les médicaments homéopathiques peuvent être d’origine végétale, animale ou minérale. Parfois, la relation entre le produit et l’affection traitée paraît assez logique. Apis mellifica - du venin d’abeilles dilué - sert à traiter les piqûres d’abeilles. De même, l’huile d’une plante, l’Arnica montana, qui était traditionnellement utilisée pour soigner les contusions et les entorses, retrouve un usage semblable en homéopathie.
Par contre, dans d’autres cas, la relation est plus étonnante. Ainsi, le venin de la vipère Lachesis mutus est utilisé contre certains troubles de la ménopause; et Arsenicum album (tiré de l’arsenic, un métal lourd très toxique) est recommandé contre certaines maladies de peau et divers types de rhume.
Mentionnons également que l’Oscillococcinum, un « casse-grippe », et l’un des médicaments homéopathiques les plus vendus, est fait à partir d’une macération de foie et de coeur de canard. |
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